Éducation, société et technologie

On avance, on avance, on recule PAS

vendredi 7 septembre 2012 par Philippe de Grosbois

[Article paru dans le SPECA-HEBDO – bulletin hebdomadaire du Syndicat du personnel enseignant du Collège Ahuntsic – 6 septembre 2012]

Le printemps fut l’un des plus exaltants, mais aussi l’un des plus turbulents que nous ayons connu depuis de nombreuses années. Quelques mois plus tard, le 4 septembre, le Parti québécois parvient de justesse au pouvoir, dans des circonstances troublantes. Si le Parti libéral se retrouve en meilleure posture que prévu, on peut néanmoins se réjouir de voir dans cette fin de régime le premier véritable recul électoral du néolibéralisme en près de deux décennies. En effet, le PQ s’est fait élire en se plaçant en rupture avec la privatisation et les compressions tous azimuts auxquelles nous étions habitués depuis l’arrivée de Lucien Bouchard au pouvoir, en 1996. Plusieurs candidats du parti, y compris la nouvelle députée de Crémazie Diane de Courcy lors de son passage au Collège, ont réitéré leur intention d’annuler la hausse des droits de scolarité et d’abroger la loi spéciale.

Il est évident, devant le résultat de cette élection, que nous ne sommes pas parvenus à la « fin de l’histoire ». Si le PQ a su prendre acte du fait que depuis la crise économique de 2008, le néolibéralisme et son idéologie sont épuisés, leurs nombreuses maladresses et hésitations, lors de la campagne électorale, ont montré qu’ils n’avaient pas encore pleinement pris la mesure de l’éveil que la population québécoise, comme plusieurs autres sociétés du monde, a connu. On peut souhaiter que les élus de Québec solidaire, beaucoup plus en phase avec le mouvement actuel (la preuve, son nombre de membres est passé de 7000 à 13 000 en moins d’un an), sauront peser dans la balance pour continuer à inciter le gouvernement fraîchement élu à répondre aux besoins du plus grand nombre plutôt qu’aux élites économiques.

Mais la bataille qui nous a habités ces derniers mois est plus profonde encore, et ne saurait se réduire au seul jeu électoral. Partout sur la planète où les mesures d’austérité sont contestées, ce sont aussi les pratiques traditionnelles de la démocratie qui sont critiquées. Le printemps québécois a été riche, non seulement sur le plan des débats sur l’éducation et nos services publics, mais aussi par les formes nouvelles qu’a prises l’action politique elle-même. Cela s’est vu auprès des étudiants et dans leurs assemblées, mais aussi chez les enseignants (Profs contre la hausse) et chez les citoyens (les Mères en colère et solidaires, les Têtes blanches carré rouge, les Assemblées populaires de quartier). À terme, le mouvement syndical devra faire preuve de suffisamment de souplesse pour renouveler ses pratiques, en s’inspirant de cet éveil démocratique. À suivre !

Philippe de Grosbois,Département de sciences sociales


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