Le scab
Quand Dieu créa le serpent à sonnette, le crapaud et le vampire, il lui restait de la matière affreuse avec laquelle il créa un scab.Un scab est un animal à deux pattes doté d’une âme en tire-bouchon, d’une tête d’eau et d’une colonne de gélatine. Où les autres ont un cœur, il porte une tumeur de principes pourris.Quand un scab passe dans la rue, les hommes lui tournent le dos, les anges au ciel pleurent et le diable ferme les portes de l’enfer pour l’empêcher d’entrer.Aucun homme ou femme n’a le droit de scabber tant qu’il y a une marre d’eau où noyer sa carcasse ou une corde assez longue pour le pendre. Judas était un gentilhomme comparé à un scab. Pour avoir trahi son maître, il a eu assez de caractère pour aller se pendre. Un scab n’en a pas.Esaü a vendu son droit d’aînesse à son frère pour un plat de lentilles. Judas a vendu son sauveur pour trente pièces d’argent. Benedict Arnold a vendu son pays pour une promesse de commission dans l’armée britannique. Le scab vend son droit d’aînesse, son pays, sa femme, ses enfants et ses confrères pour une promesse non tenue de son employeur.Esaü était un traître envers lui-même ; Judas était un traître envers son Dieu ; Benedict Arnold était un traître envers son pays ; un scab est un traître envers Dieu, son pays, sa famille et sa classe.
Jack London, écrivain américain, (1876–1916)
Boycottons le Journal de Montréal et ses annonceurs.
Faites savoir aux annonceurs du Journal de Montréal que vous désapprouvez le soutien qu’ils apportent à la façon dont l’empire Québécor traite ses employés présentement en lock-out.


